LES BSPCE : un instrument vertueux pouvant faire naitre de la frustration s’il est mal maitrisé


Droit des sociétés

Les bons de souscription de parts de créateur d’entreprise (BSPCE), créés en 1998, permettent aux salariés et dirigeants de certaines sociétés récentes et à fort potentiel de croissance, de souscrire des titres représentatifs du capital de leur entreprise (essentiellement des actions).

Ils sont très développés dans les start-up et plus généralement dans les sociétés de créations récentes.

Le présent article a pour objet, au-delà de rappeler les caractéristiques des BSPCE, d’en dégager les intérêts communément admis mais aussi les points de vigilance à avoir à l’esprit afin d’éviter que cet instrument, a priori vertueux, ne se transforme, malgré lui, en outil de frustration.

Avant cela rappelons brièvement les principales conditions devant être respectées par les entreprises éligibles à l’émission de BSPCE ainsi que par les bénéficiaires de ceux-ci (liste non exhaustive) :

Dans le cadre de ce régime la société émettrice dispose de certaines libertés pour définir les caractéristiques des BSPCE. Ce sont ces variables qui vont avoir une influence importante sur l’atteinte ou non des objectifs de l’émission des BSPCE.

Les principales marges de manœuvre de la société émettrice sont les suivantes :

Rappel des intérêts bien connus du dispositif

Le principal intérêt de cet instrument pour les bénéficiaires est de pouvoir retenir le prix de souscription de l’action fixé au jour de l’attribution par l’AGE des BSPCE. Par conséquent, ces derniers pourront bénéficier de l’éventuelle plus-value future enregistrée par la société émettrice, le tout dans un cadre fiscal et social sécurisé (si l’opération est correctement mise en place).

Les BSPCE sont ainsi fréquemment proposés aux managers clefs de sociétés en développement, tout particulièrement dans les start-up.

Pour la société et ses associés, l’émission de BSPCE présente les avantages suivants :

Quelques points de vigilances sont toutefois à souligner afin d’éviter que les BSPCE ne deviennent source de frustration.

Ces instruments doivent faire l’objet d’une réflexion importante préalable tant du point de vue de la société émettrice et de de ses associés que du point de vue de ses bénéficiaires.

A priori instrument vertueux permettant à toutes les parties prenantes d’avoir un alignement d’intérêts reposant sur le partage des fruits de la croissance de l’entreprise il peut devenir source de frustrations, de mécontentement voire de division si les paramètres de départ ont été mal conçus ou insuffisamment réfléchis.

A titre indicatif, voici quelques problèmes pouvant être rencontrés à terme par les sociétés ayant émis des BSPCE :

En conclusion, les émissions de BSPCE sont en principe d’un cout fiscal et social nul pour la société émettrice. Elles contiennent aussi la masse salariale et permettent, normalement, de fidéliser les collaborateurs. Tous ces puissants ingrédients en font un instrument juridique souvent utilisé. Ces intérêts ne doivent pas cacher les problèmes, à terme, que ces plans peuvent induire.

Pour comprendre ces risques et les limiter autant que faire se peut, il est important de bien peaufiner son projet, de correctement le mettre en place et de parfaitement l’expliquer aux salariés bénéficiaires.